Le devisement du monde

Passionné de voyages, traducteur, professeur à mes heures, me voilà lancé dans une aventure éditoriale avec un livre publié prochainement chez La Musardine, l’éditeur parisien spécialisé dans la littérature érotique. Voici Tokyo Rhapsodie !

09 octobre 2008

DEBAUCHE DE TECHNOLOGIE

Fini les abandons d'animaux sur le bord des routes: à Shanghai une Japonaise propose de garder votre animal favori le temps des vacances. Et comme nous sommes à l'ère d'internet, la dame met chaque jour en ligne une vidéo sur Youtube où apparaissent toutes les bestioles dont elle a la charge. Voilà ce que ça donne:

Le rigolo de l'affaire, c'est que l'on découvre en même temps l'intérieur d'appartements d'expatriés japonais. Bref, la prochaine fois que je pars à l'autre bout du monde, j'envoie mon labrador invisible à la dame. Et hop !

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29 septembre 2008

LES RECEPTIONS DE MONSIEUR L'AMBASSADEUR

C'était vendredi dernier, et j'étais invité avec une quarantaine d'autres personnes à venir fêter à l'ambassade du Japon les vingt ans du programme JET. Le programme JET? Un moyen pour quelques milliers d'anglo-saxons et une poignée de Français (entre autre) de partir chaque année enseigner leur langue dans les établissements publics nippons ou de favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples.

Bref, c'était le genre de soirée a priori sympathique et superficielle comme on en voit à la télé... Sauf que pour l'occasion on avait demandé à un certain nombre d'invités de rédiger un petit texte sur leur expérience au Japon et que j'avais profité de l'espace ainsi donné pour faire ma pub et celle de mon livre.

Une chose est frappante avec les Japonais: ils lisent les textes qu'on leur soumet. Je n'avais pas fait deux pas vers le buffet que le Premier Secrétaire de l'Ambassade m'attrape, me parle de mon bouquin, s'enthousiasme à l'idée que j'ai pris un exemplaire avec moi et me présente illico à Monsieur l'Ambassadeur. Je déballe quelques niaiseries sur les différences entre Japon et Occident en terme d'érotisme, évoque l'absence de tabou judéo-chrétien sur l'archipel, et donne Tokyo Rhapsodie à mon hôte qui semble tout content de l'aubaine.

Je suis rentré chez moi avec le sentiment du travail bien fait. J'ai juste un regret, celui de ne pas avoir pris mon appareil pour photographier l'Ambassadeur en train de discuter gravement avec les invités, mon livre sous le bras.

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21 juillet 2008

APPRENONS A PARLER JAPONAIS...

...la suite !

Après avoir vu comment parler comme une vraie lycéenne japonaise, penchons-nous un peu sur l'univers lexical des garçons. Au Japon, comme partout dans le monde je suppose, la "Gangsta attitude" est très forte, d'où l'importance de comprendre quelques expressions pittoresques de base :

Uzai, fèch' comme dirait Agrippine, la référence littéraire en moins.

Shine, marque la volonté de tuer l'interlocuteur.

Teme, ou l'art d'insulter juste en disant "tu". Si anata, ou nanji puisqu'on y est, veulent dire la même chose, seul teme peut être à l'origine d'une rencontre mémorable entre votre nez et le poing de votre interlocuteur. O-mae a un usage similaire quoique adouci.

Yaru, j'ai déjà fait référence à ce mot qui peut, entre autre, désigner l'activité sexuelle. Yaru kai , "Est-ce que vous seriez intéressé(e) par un épisode récréatif se pratiquant à l'horizontale?". Yaru peut, comme shine, signifier la volonté de mettre fin à la ve de ses petits camarades. Teme, yaru yo ! "J'ai la volonté de mettre fin à votre misérable vie".

Yaro, à ne pas confondre avec le précédent, yaro renforce le pouvoir d'évocation du mot auquel il est accolé. Exemple:

  • Baka, individu peu doué pour les jeux de l'esprit. Baka-yaro, sous-produit humain à la bêtise si abyssale  qu'il mérite à peine de vivre (un abyssile...).

La structure peut sans problème être appliquée à des mots étrangers, par exemple la célèbre citation de Kill Bill "Ano fuck-yaro no yo ni". On peut en créer des amusantes, comme:

  • Lucky-yaro, quand un pistolet s'enraille au moment de donner le coup de grâce
  • bling-bling-yaro, pour les gens de petite taille douées d'un charactère difficile et ayant accès à un arsenal nucléaire conséquent...

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17 juillet 2008

DESINTOX

Plus d'Internet, plus de percolateur à cafard, rien qu'un ordinateur tout bête et un manga kissa pour mettre en ligne la suite de Tokyo Rhapsodie. L'étape suivante, c'est d'arrêter la junk food ; dur-dur avec toutes ces sayonara parties où coulent des rivières de larmes tellement tout le monde est triste de me voir partir...

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15 juillet 2008

APPRENONS A PARLER JAPONAIS...

...Avec seulement dix mots de vocabulaire. 

C'est avec une certaine tendresse que je vois les lycéennes japonaises autour de moi parler avec un lexique réduit au minimum  : cela me rappelle mes propres années d'adolescence où les mêmes locutions étaient utilisées si souvent qu'elles finissaient par vouloir dire tout et son contraire. Voici donc un lexique court, mais suffisant, des termes de langue courante en japonais "kokosei":

Kawaii, mignon, et par là même suprêmement supérieur. Le but ultime dans la vie, c'est d'être kawaii. Tout peut être kawaii: un chien en uniforme, une jupe ras la moule, un sac Vuitton moche, une maison de poupées louée dix fois trop cher, un meuble inutile, un personnage de Disney, la lumière de la lune sur une voiture bougeant de façon louche à Harumi, une capote goût vanille, Hello Kitty, un spot de pub pour cup noodle, un bol à thé de l'ère Kamakura. Le kawaii au Japon, c'est comme la Force dans Star-Wars. Ne sous-estimez jamais son pouvoir.

Kakkoi / Suteki, cool, si une fille doit être kawaii, un homme se doit d'être kakkoi (cool dans l'attitude) ou suteki (cool dans l'habillement). Quand on n'est pas Kawaii, être kakkoi, ou à la rigueur suteki, est le seul moyen de tirer un coup. "Kare wa suteki ne", "il est cool dans son habillement, non ?"

Kimoi, malsain, ce qui dans la pratique désigne tout ce qui n'est pas kawaii, suteki ou kakkoi. Kimoi provoque un sentiment de répulsion proche de l'hystérie.

Mecha, extrêmement, s'accole à un adjectif et en démultiplie la valeur. Exemple : "Mecha kawaii" extrêmement mignon. Mecha peut être dédoublé, marquant un état proche de la confusion: "Kare wa mecha-mecha kakkoi" "Ce type est cool à un point que j'en suis toute confuse". A noter, mecha a remplacé pour la jeunesse dorée de Tokyo la locution "cho" qui avait sensiblement le même usage.

Iya da, non, la première syllabe est généralement accentué, la seconde nasalisé. Marque une désapprobation profonde, "Iya da ! Kimoi sore wa !", "Je désapprouve cela de tout mon cœur, j'éprouve même un sentiment de répulsion tel que si l'on continue à me montrer cette chose je hurle, je frappe, ou je me roule par terre !".

Dame, non, marque une impossibilité, un interdit. D'usage courant pendant les préliminaires sexuels, le sens de l'expression est alors contraire. "Sore wa dame", "ça ne se fait pas". (usage courant), "ben mon cochon" (au lit).

Uso, mensonge/menteur, généralement suivi de trois points d'exclamation. Marque l'incrédulité de la locutrice. Par exemple, "Kino, 3P shimashita" (Hier, j'ai eu l'honneur et la chance de partager ma couche avec deux hommes qui en voulaient à ma vertu). Réponse de la copine : "Iyaaa da ! Uso !!!" (Je désapprouve profondément ce choix, je suis toute incrédule !!!)

Voilà, vous êtes maintenant en mesure de parler et de vous faire comprendre par des lycéennes japonaises. La semaine prochaine, nous nous pencherons sur le vocabulaire masculin et les manières les plus créatives d'insulter votre prochain. A bientôt !

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12 juin 2008

SOUS-VÊTEMENTS

Un grand producteur de lessive, Lion pour ne pas le nommer, a récemment publié une étude comme quoi 25% des Japonaises lavent à part le linge sale de leur mari, soi-disant à cause de l'odeur. Inintéressant? Voyons plutôt comment je me distingue:

  1. C'est moi qui fait la lessive et non ma chère et tendre.
  2. Je lave mes affaires et les siennes ensemble.
  3. Il est vrai que nos sous-vêtements sont étendus séparément, mais c'est à cause du pervers du coin qui lui pique ses culottes quand on les étends dehors.

Reste la question cruciale : mais où diable sont passés les machines séchantes au Japon? Mon intuition, c'est que dans le "Pays du Soleil Levant Dont l'Empereur Descent d'Amaterasu Déesse du Soleil", de telles machines sont anathèmes: seuls les doux rayons de Phoebus doivent sécher les chaussettes nippones, qu'elles puent ou non.

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03 juin 2008

HARUMI, suite et fin

Si vous avez raté l'épisode précédent, Harumi est un carré de béton sur la baie de Tokyo, mais c'est surtout le rendez-vous des cosplays de la ville. Entendons-nous bien : je ne parle pas des jeunes japonais(es) qui, pendant les trois ans de liberté à l'université, se lâchent sur leur look en sachant qu'une fois entré en entreprise ce sera costume noir et cravate moche pour les hommes, tailleur noir et coiffure moche pour les filles. Non, je parle de ça :


Cosplay_rose__IMGP2269

Alors, le Japon, pays des libertés vestimentaires ? A voir... En arrivant la première fois à Harumi, je m'attendais un peu à l'ambiance de Harajuku : des jeunes gens heureux de se montrer et d'être pris en photo. Erreur !


*

Les cosplays ici ne se déguisent pas pour s'amuser, mais pour fuir. Ce n'est pas carnaval, c'est une scène de kabuki où l'on répète à l'envie des poses codifiées. Il ne manque que les cris du public scandant le nom de l'acteur pendant que celui-ci roule les yeux pour augmenter encore la tension dramatique.

SANY1182


Ils sont là, se photographient les uns les autres. Les gens du dehors sont gentiment fliqués par un service de sécurité. "Pas de photo, SVP..." Un comble ? Le visiteur "en civil" leur renvoie peut-être l'image du monde extérieur, et visiblement c'est un problème. L'intrus détruit leur monde, leur bulle. C'est tellement vrai qu'un panneau indique la limite physique de de la zone "sécurisé". Au delà, danger !

 

*Merci à Ethelbert de me laisser diffuser sa vidéo...

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02 juin 2008

HARUMI, part. 1

Quand on parle de Harumi, bien peu de Japonais connaissent... Au mieux, une petite lumière égrillarde s'allume dans l'œil de l'interlocuteur : ce point sur la baie de Tokyo sert, la nuit, aux couples en mal de tendresse. Les voitures garées s'alignent alors sur la route, animées parfois d'un mouvement suspect.
De jour, l'ambiance est plus bon enfant : le parc, et la vue sur le Rainbow Bridge et la Tour de Tokyo, attire les familles, les jeunes... Il reste bien un petit quelque chose de la liberté licencieuse du soir, on voit des gens marcher enlacés, il y a des frôlements, des mots chuchotés à l'oreille. Pour un peu on se croirait en France !

Harumi

Mais pourquoi nous parle-t-il donc de ce lieu, vous direz-vous. C'est que Harumi recèle un secret, vous en saurez plus la fois prochaine...

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26 mai 2008

COWBOY SOLITAIRE

Vous vous souvenez peut-être de la très psychédélique campagne de pub réalisée par Murakami Takashi... L'artiste y maniait les codes de la jeunesse japonaise : téléphone portable, design "manga", prédominance du mignon et de l'imaginaire, tout cela pour vendre des sacs Vuitton. Depuis, les collectionneurs s'arrachent ses œuvres. Dernière vente en date : le lonesome cowboy,  vendu chez Sotherby's le 14 mai 2008 pour un montant d'un peu plus de quinze millions de dollars. Cette figurine, façon chevaliers du zodiaque, fait deux mètres cinquante de haut et représente un jeune homme faisant tourner un lasso constitué de son propre sperme...  

Lonesome_cowboy

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22 mai 2008

MASCOTTE EN STOCK

Le Japon existe-t-il vraiment ? Curieuse question, mais qu'on est en droit de se poser quand on sait que le prochain émissaire pour le tourisme au Japon sera le personnage Hello Kitty. J'attends avec impatience les prochaines rencontres protocolaires, imaginez le régal d'un Plantu croquant l'ambassadrice du tourisme nippon reçue par notre Iznogoud national...
Et puis, entre-nous, est-il sérieux de prendre un personnage au passé aussi sulfureux ? Je passe sur la prononciation abusive que les Français font de son nom, qui devient aux oreilles japonaises "Ero Kitty", la petite chatte sur un toit brûlant, mais que dire de ce produit dérivé :

Ero_Kitty

Eh oui, il s'agit bien d'un vibro-masseur à l'effigie de notre pimpante représentante en tourisme. M'est avis qu'on ne va pas s'ennuyer aux prochaines réunions de l'ambassadrice.

Posté par antoinemisseau à 12:03 - Japon - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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