24 août 2008
LES VACANCES
Où est-ce qu'un pornographe peut passer ses vacances une semaine avant la sortie de son livre sans avoir l'impression de faillir ?
Réponse : à X Hix, commune de Bourre-Madame Bourg-Madame !
Cette petite cure d'air pur loin de la pollution et d'Internet m'a fait du bien, et entre deux balades j'ai même trouvé le temps de finir la mise en forme de mon projet de BD... Bon, il a suffit que je retourne à Marseille et à la civilisation pour reprendre mes bonnes vieilles habitudes de surf. Ma dernière découverte ? La brute, le jeu où il n'y a pas besoin d'être un as du clavier ni un pro du joystick pour écraser son adversaire. En fait on s'y bastonne sans même avoir besoin de faire quoi que ce soit... 

14 juillet 2008
WEEK-END A NIKKO
"Nikko is Nippon", c'est ce qu'annoncent les publicités sur les murs du métro. Pourtant là-haut dans la montagne, au-dessus du lac Chuzenji-ko, on se croirait plutôt au Canada :
Et justement, j'étais avec un Canadien qui découvrait le Japon pour la première fois. Nous avons donc fait la totale: visite du Toshogu, le sanctuaire où sont conservées les mânes du Shogun Tokugawa Ieyasu, photos souvenirs avec dans le fond la silhouette conique du Nantai-san, et, cerise sur le cadeau, sur le chemin du retour nous sommes tombés sur un Matsuri. Les sabres-lasers des flics nous ont tout de suite séduits:
A deux semaines du départ, l'enthousiasme de mon compagnon avait quelque chose de rafraîchissant qui m'a replongé des années en arrière. Je me suis même prêté au jeu avec enthousiasme quand on m'a demandé de faire joujou avec les tambours de la fête. Chiki chiki chiki poum !

30 avril 2008
UN COIN DE PARADIS
"Si tu vas à Okinawa, ne reste pas sur l'île principale".
On peut dire que tout le monde m'a donné ce conseil, je l'ai donc suivi: vendredi dernier, nous voilà avec ma chère et tendre à Naha, puis, après une heure de bateau, à Akajima. Et non, il ne s'agit pas de l'île rouge (赤島) mais de l'île du rivage merveilleux, 阿嘉島 en kanji ultra-difficiles.
D'après Take qui y propose des balades en kayak depuis quinze ans, l'île commence à peine à être populaire auprès des touristes. Ça se sent : on se dit encore bonjour dans les ruelles du village, et il n'y a ni hôtel cinq étoiles ni restaurant, mais seulement des auberges plus ou moins "chez l'habitant" et une gargote qui vend du Taco-rice à 500 yens, tout ça dans un paysage idyllique de montagnes boisées se jetant à pic dans la mer turquoise.
J'étais venu là dans un objectif "vacances", sans prendre l'ordinateur malgré une traduction sur le feu et les corrections de Tokyo Rhapsodie que je dois encore rentrer.
Vacances, ça veut dire balades à pied et en kayak, plongées tranquilles et longues discussions avec les gens de passage chez Take. Bon, j'ai quand même mis à plat le plan du texte indochinois, la rédaction commence dès que j'aurai un moment pour souffler.
07 avril 2008
CHINCHIN GA IPPAI DATTA*
Pourquoi Kawasaki ? L’histoire remonte à l’époque d’Edo (1603-1867), quand le port de Kawasaki était un haut lieu de la prostitution. Les filles, inquiètes des ravages des maladies vénériennes, créèrent un culte autour d’un phallus de métal censé les protéger. Au fil des ans, le sanctuaire devint un lieu dédié à la fertilité des plus explicites.
Mais revenons au festival. Le sanctuaire est plein à craquer. Assis dans la poussière, deux petits vieux sculptent d’énormes radis noirs en forme de phallus. Plus loin on vend des sucettes à la Orange mécanique, les deux sexes sont représentés, en différentes tailles et parfums… L’atmosphère est bon enfant, on s’agglutine autour des autels portatifs qui doivent partir en procession dans les rues, on monte à califourchon sur des troncs taillés et polis.
Plus de photos...
Le plus étrange est qu’à trois pas de là, dans un grand temple bouddhiste, on fête l’anniversaire du Bouddha dans le recueillement. En ligne, des fidèles viennent asperger la tête du Bouddha représenté enfant, debout, pointant de ses mains la terre et le ciel. Réminiscence des cultes hindouistes où le linga est pareillement mouillé, créant l’eau lustrale indispensable aux rites ? Peut-être mais le parallèle est amusant à faire dans ce pays où le symbole freudien du phallus est une bite.
*"Hé, j’ai vu plein de bites" (un gamin de huit ans à sa mère)
03 avril 2008
CERISIERS
Je ne connais rien de plus déprimant que des cerisiers en fleurs sous la pluie, c’est comme de voir noyer un whisky dans de l’eau chaude, ça donne un parfum de gâchis à celui qui en est témoin. Mais voilà, tous les ans les cerisiers fleurissent, et cette année encore je me suis plié au rite du « Hanami »… avec un parapluie. Voilà quelques photos tout de même, pour la bonne bouche.
30 mars 2008
LE CONSEIL DU LIBRAIRE
A ce sujet, laissez-moi vous raconter l'histoire de l'Analphabète de Siem Reap. Siem Reap ? C’est une ville, presque un bourg en vérité, au Cambodge. Ce lieu dormirait doucement sous le soleil et la poussière s'il n'était placé à quelques kilomètres des ruines d'Angkor. Le flot de touristes et la manne que ceux-ci représentent ont attiré un certain nombre d'expatriés, et j'ai quelques bons copains parmi eux.
L'un d'eux, alors que je terminais de manger à sa table, me montra Un long dimanche de fiançailles qu'il venait d'acheter d'occasion en ville pour moins d'un dollar. "L'avantage, me dit-il, quand un analphabète ouvre une librairie, c'est qu'il vend à rien des petits bijoux comme ça". Mon ami est généreux, il me laissa pour rien le bijou en question. Sa remarque m'avait pourtant fait un peu rêver. L'Analphabète, je le connaissais de vue, Siem Reap est minuscule et il m'étais arrivé d'échanger deux mots avec lui au bar.
Bref, me voilà un soir dans la boutique, à farfouiller les bacs. Le prix des livres semblait lié au poids : un dollar Le Horla, six le Higgins Clark... Mouais. Et puis des surprises : pourquoi diantre les Bonbons chinois de Mian Mian est-il côté à 15 dollars, d'occasion ? Mais voilà le patron, on parle. Il fouille la pile que j'ai constituée de ses gros bras aux tatouages délavés par le soleil. Je pointe les Bonbons que j'ai laissés de côté : trop cher pour moi. Son œil s'allume : "Ah ouais, il est bien bandant celui-là... Ca m'embête un peu de le vendre." Allons bon ! Monsieur est-il libraire ou collectionneur ? Mais voilà sa femme qui s'en mêle, c'est qu'elle a flairé en moi le bon client (tu parles ! Ma sélection fait un mètre de rayonnage, dix kilos de bouquins à répartir dans mon sac et celui de ma chère et tendre). Elle interpelle mon collectionneur, en khmer, ou bien est-ce du viet ? Au physique de la petite Madame je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse.
Le gros homme s'incline, dit "oui, oui"... Et me fait même un rabais sur les Bonbons qui du coup deviennent abordables et qu'il fourre dans un sac: "Tiens, c'est bien bon, tu verras..."
Il avait raison, ce livre est resté avec moi tout ce temps et si aujourd'hui j'ai un regret, c'est de ne pas avoir noté sur mon calepin les autres livres que ce curieux bonhomme avait côtés à dix ou quinze dollars... Combien de lectures m'ont ainsi échappées ?
15 mars 2008
LES TROIS MATINS
J’étais en début de semaine à Misasa, un village perdu à quelques douze heures de Tokyo en bus de nuit. A part ses sources thermales au radon, apparemment excellentes pour la santé, on y trouve un temple connu pour son festival où les fidèles viennent marcher sur le feu, et un cafetier qui aime croquer ses clients d’un coup de pinceau. Il s’est proposé de faire mon portrait, que voici :

Une autre raison pourrait être l’amie française que j’ai à Misasa, toujours prête à m’accueillir, même quand je la préviens au dernier moment.
Mais il y a autre chose : Misasa, c’est une paix, une façon de me ressourcer que je ne trouve nulle part ailleurs. Mon petit coin de ciel ouvert loin de la ville, en somme.






