Parfois j’ai de drôles d’idées. La dernière en date consistait à vouloir un téléphone portable. Consommateur médiocre de ce genre de produits, j’ai opté pour un forfait mini-mini à 6 euros. Las ! J’aurais dû me souvenir que plus c’est petit plus c’est méchant… Car ce téléphone, ou plutôt la Société qui FouRnit cet engin, n’arrête pas de me faire des crasses.

Ça a commencé avec un courrier un peu laconique m’expliquant que mon dossier (10 pages de photocopies validées par mon revendeur de ces joujoux cancérigènes) était incomplet et que ma ligne allait être fermée si je n’appelais pas un numéro précis avant le 10 octobre. Un peu étonné j’appelle.

On me confirme la nouvelle : le certificat d’hébergement n’est pas valide. Ah bon ? Qu’est ce qui ne va pas dans la lettre de PPM, mon très cher beau-père. Réponse : cela Monsieur, je ne peux pas vous le dire. Et pourquoi ? Je n’ai pas le document. Eh bien cherchez-le ! Je ne peux pas, on détruit les documents, on n’a pas la place de les garder. Vous ne les scannez même pas ? Non.

Là, j’avoue que je perds un peu mon calme. Des mots comme « irresponsables » on peut-être bien fusé. Comme je suis mesquin, j’ai demandé à parler à la chef. Rebelotte : pas bien le certificat d’hébergement, poubelle ce que les clients envoient. Si pas de nouveau certif, bye-bye la ligne. La discussion a duré à peu près 40 min, au frais de ceS afFReux car l’appel était gratuit depuis un poste fixe (et cela pour, je le rappelle, un forfait à 6 euros, youhou !).

Au bout de tout ce temps, la femme-chef, qui refusera de me donner son prénom (c'est fou ce que les gens sont timides parfois), me donne une adresse à Aix-en-Provence où envoyer une nouvelle attestation d’hébergement, ce que je fais dans la journée.

Fini ? Ce serait trop beau…

Hier, 29 septembre, mon téléphone tombe soudainement en rade : la batterie marche, il s’allume, mais je n’ai aucun réseau nulle part et personne ne peut plus me joindre. Coup de fil (depuis le cellulaire de ma chère et tendre) à cette même Société qui se Fout Royalement de ma tronche. Une jeune femme très sympa m’annonce avec un sourire qui passe même à travers le combiné qu’effectivement ma ligne est suspendue car mon dossier est incomplet. L’adresse à Aix ? Une bonne blague de la Sale cheFtaine pas dRôle qui s’est amusée à me faire écrire pour des queues de cerises.

Sauf qu’entre temps j’ai déménagé et que j’ai fait l’erreur de changer mon adresse de facturation via internet. Pas de problème me dis-je, j’ai un bail à mon nom. Sauf que la Société qui Fait tout pouR me planter refuse le bail comme preuve de logement. Elle veut une facture, ou une quittance de loyer (format informatique, pas le truc à talon qu’on trouve en supermarché).

Bref, me voilà fait comme une blatte dans un roman de Kafka. Long silence angoissé. Je m’imagine en train d’asperger d’essence mon téléphone devant le Siège de cet inFâme Réseau et d'y mettre le feu. A l’autre bout du fil, la jeune femme compatit. Attendez, je vais parler à ma responsable. Hum, s’il faut écrire à Aix, merci mais j’ai déjà donné. Non, elle a trouvé une solution : que je lui faxe la première facture que sa société a envoyée.

Ce sera donc une résolution à la Ubu au pays des consommateurs : pour prouver que je réside dans ma nouvelle maison, je faxe à ceS Filous Rapias leur propre facture, envoyée un mois plus tôt à une autre adresse. Tout va bien maintenant. Après cette victoire de l’imaginaire sur le réel, je me crois prêt pour le vrai combat : être à nouveau affilié à la sécurité sociale.